Avec la fermeture d’un de ses trois centres de formation en région lyonnaise, l’Afpa regroupe ses forces en présence et veut dynamiser sa filière froid. Reportage dans les locaux du site de Saint-Priest, au sud de Lyon.

L’Afpa de Lyon se recentre et se relance

Il faut forcément une bonne raison de se rendre au centre de l’Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) de Saint-Priest. Sans voiture, difficile d’accéder à cet immense campus composé d’une dizaine de bâtiments en longueur. Ce jeudi de janvier, la rédaction de la Rpf rend visite à la formation TIFCC*. Au fond du site, se trouvent les locaux de la formation dédiée aux métiers du froid, la seule désormais dispensée par l’Afpa en région Auvergne Rhône-Alpes.

Le groupe souffre depuis plusieurs années de la fermeture de centres partout en France. En novembre 2018, le Snefcca** lançait une pétition pour maintenir les formations professionnelles froid et climatisation après l’annonce de la restructuration de l’Afpa. Sept de ses centres dispensant du froid ou de climatisation étaient menacés de fermer leurs portes et deux de transfert. Le Syndicat rappelait alors que ces formations sont « plus que nécessaires pour répondre à nos difficultés actuelles de recrutement ».

« Il y a énormément de travail »

Deux ans plus tard, le groupe annonce la fermeture de son centre de Rillieux-la-Pape au nord de Lyon. Élèves, formateurs et matériels sont rapatriés dans le centre de Saint-Priest en octobre. « Nous avons eu six mois pour faire le rapatriement, explique Akim Adjil, chargé de clientèle pour l’Afpa. Toutes les machines ont été rapatriées sur le centre de Saint-Priest dans un atelier dédié ». C’est donc ici que les élèves viennent désormais apprendre en alternance ou en formation continue.

Malgré ce déménagement, le froid a été préservé en région Auvergne Rhône-Alpes. Si l’Afpa dans sa globalité souffre toujours d’une perte de vitesse, la formation TIFCC n’est pas boudée. En tout ce sont douze contrats en apprentissage, un en alternance et une dizaine de stagiaires en formation continue qui se côtoient à Saint-Priest. Un nouveau formateur a été recruté en octobre 2021 et l’Afpa est passée d’une promotion à deux. Devant un fort intérêt pour les entreprises de la région, une promotion a été ouverte récement. « Il y a énormément de travail, se réjouit le chargé de clientèle. Depuis quelque temps nous sommes dans une situation où la demande est très forte que ce soit de la part des candidats comme des entreprises ». Fin janvier, le projet d’une troisième promotion était d’ailleurs à l’étude par la direction du centre.

Et si la bonne santé du centre de Saint-Priest avait trouvé son salut grâce à la pandémie ? Pour Akim Adjil, ces dispositifs liés à la crise sanitaire semble être une des solutions (voir encadré «Il a dit»).

Ce jeudi après-midi, une dizaine d’élèves s’attelle sur une installation frigorifique. Moyenne d’âge : 30 ans. Tous sont penchés sur des câblages et font des tests sous l’œil avisé de Mohamed Kradoui, formateur à l’Afpa. En 2022, cela fera 11 ans que ce formateur, ancien technicien, dispense des cours pour les futurs frigoristes. Durant sa carrière, il a vu le nombre de formateurs passer de quatre à un seul, lui-même. « Seul sur le pôle c’était compliqué », admet-il. Le récent recrutement d’un formateur en fin d’année lui a permis de souffler et mieux encadrer la vingtaine d’élèves.

Entre 80 et 90 % de diplômés

Dans les locaux de Saint-Priest, l’emménagement a permis de regrouper toutes les installations pour les élèves. Banc CO2, à hydrocarbures, petites moyennes et grandes installations. Les élèves semblent avoir de quoi faire. « Les entreprises sont agréablement surprises de nos installations », remarque Akim Adjil. Sur place, les profils d’élèves sont variés mais tous ont choisi l’Afpa après une première expérience professionnelle. Question taux de réussite : l’Afpa annonce entre 80 et 90 % de diplômés par promotion. Mi-janvier, la direction de l’Afpa se réunissait pour évoquer l’année à venir de la formation TIFCC. C’est durant cette réunion qu’a été évoquée la perenisation du poste de nouveau formateur, récemment embauché. ?


*Technicien ne d’Intervention en Froid Commercial et Climatisation.
** Syndicat National des Entreprises du Froid, d’Equipements de Cuisines Professionnelles et du Conditionnement de l’Air.
*** Un OPérateur de COmpétences est un organisme agréé par l’État chargé d’accompagner la formation professionnelle.

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Il a dit

« Les aides de l’État incitent les entreprises à recruter des jeunes en apprentissage et les coûts pédagogiques sont pris en charge à 100 % par l’OPCO***. Rajoutez à cela l’aide Covid de 8 000 €... Je pense que cet alignement d’aides a permis de vivre une belle année 2021. Mais impossible de savoir ce qu’il en adviendra de l’avenir ». Akim Adjil, Afpa.

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« C’est un métier polyvalent »

Dans sa combinaison verte, Sofiane, 30 ans, est en reconversion militaire. Alors parachutiste au Mali, il découvre les métiers du froid par des collègues. « La clim’ était nécessaire vu où nous étions », s’amuse-t-il. Avant sa rentrée en septembre, le jeune homme confesse qu’il ne savait pas « différencier une phase d’un neutre. Mais ça me plaît ! C’est un métier polyvalent ». Originaire de Toulouse, ce dernier n’a pas hésité à déménager vers Lyon « capitale du froid où il y aura toujours une sécurité de l’emploi ». Comme tous les autres élèves en formation continue, Sofiane est rentré début septembre. Après deux semaines de stages en début de formation, lui et les autres élèves sont formés « au montage dans des chambres positives et négatives, à de la maintenance, au dépannage. Le tout face à des installations de plus en plus complexes, énumère Mohamed Kradoui. Entre les installations et les cours sur la réglementation, on essaye d’aborder tout ce qui peut être fait dans le métier et rendre prêts les élèves ».

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