L'Ademe a ouvert le 7 juillet, jusqu'au 1ᵉʳ mai 2027, un dispositif baptisé « Offres intégrées pompes à chaleur ». Son objet : faire émerger des offres clé en main qui combinent la fourniture de la PAC, celle de l'électricité et une solution de financement du reste à charge, à destination des ménages modestes qui remplacent un chauffage aux combustibles fossiles dans une maison individuelle. Le dispositif traduit sur le terrain l'ambition affichée par le plan d'électrification.
Un outil au service du plan d'électrification
Le cadre est posé depuis la PPE3, publiée en février, puis le plan d'électrification présenté par Sébastien Lecornu le 10 avril. L'objectif est de doubler d'ici 2030 le parc français de pompes à chaleur, aujourd'hui de l'ordre de 4 millions d'unités, soit un rythme d'un million d'installations par an. Le soutien public à l'électrification doit être porté de 5,5 à 10 milliards d'euros par an d'ici 2030, par redéploiement des aides existantes, notamment au sein des certificats d'économies d'énergie (CEE).
Reste un frein largement identifié : le reste à charge et la complexité du parcours pour les ménages les plus modestes, malgré MaPrimeRénov' et les CEE. C'est précisément ce que vise le dispositif de l'Ademe, en agissant non pas sur les aides elles-mêmes mais sur la structuration d'offres commerciales intégrées, capables de présenter au client une solution complète plutôt qu'un empilement de démarches.
Deux axes et une logique clé en main
Le dispositif est structuré en deux axes. L'axe 1, obligatoire, porte sur des offres intégrées couvrant la conception, l'installation, la maintenance et le financement de la PAC ainsi que la fourniture d'électricité. L'axe 2, optionnel, ajoute une garantie de coefficient de performance saisonnier (SCOP) sur un nombre limité d'opérations.
L'offre attendue doit associer la fourniture d'électricité à une solution financière intégrant les aides mobilisables et finançant le reste à charge. Cette logique rejoint celle du « leasing » de pompe à chaleur évoqué au printemps, pensé pour qu'un ménage retrouve une mensualité inférieure à ses anciennes factures de chauffage fossile. Le montage s'effectue en partenariat avec le dispositif des CEE.
Acteurs uniques ou consortiums
Le dispositif s'adresse aussi bien à un acteur unique qu'à un consortium. Le tour de table peut réunir entreprises de travaux, industriels, distributeurs, contractants généraux, bureaux d'études et de contrôle, banques, assureurs, mainteneurs, sociétés de tiers financement ou bailleurs. La présence d'un obligé au titre des CEE y est requise. EDF et Octopus Energy ont fait part de leur intérêt pour cette offre. Selon nos informations, d'autres acteurs la regardent de près, dont le délégataire CEE Sonergia.
Les candidatures se déposent sur la plateforme innoverpourlatransitionecologique.fr, avec des échéances d'instruction fixées au 1ᵉʳ septembre 2026, au 1ᵉʳ janvier 2027 et au 1ᵉʳ mai 2027. Une déclaration d'éligibilité est prévue le 15 septembre 2026. Les offres commerciales retenues pourront être publiées à partir du 1ᵉʳ octobre 2026 et valorisées pour des contrats signés jusqu'au 31 décembre 2028.
Le détail des conditions d'éligibilité et du mécanisme de financement figure dans le règlement 2026 mis en ligne par l'Ademe.