Lancée à l’initiative d’un Britannique, cette commémoration vise « à sensibiliser tout un chacun à l’importance des technologies du froid dans la vie quotidienne ». Car, selon le secrétariat de cet événement, malgré les politiques, les normes et les codes liés à l’industrie de la réfrigération et de la climatisation, le grand public ne comprend toujours pas l’importance du froid et ses enjeux… Si l’intention est louable, et le diagnostic difficilement discutable, force est de constater sept ans après que la fête ne bat pas encore son plein. Loin de là. À défaut de sensibiliser l’ensemble des citoyens, ce 26 juin est au mieux un moment d’entre-soi pour les professionnels de la filière pour se rappeler à juste titre l’importance de cette technologie et de ses avancées. Il faut dire que « les journées mondiales », pour célébrer tout et n’importe quoi à travers la planète, ne manquent pas, au risque de diluer leur portée. Il est vrai aussi que dès l’origine les médisants ont prédit un mauvais départ à cette journée fixée le jour de la naissance de Lord Kelvin en 1824. Et ceci au détriment de la date anniversaire du Suédois Anders Celsius, né le 27 novembre 1701. Un choix de date qui aurait donc réveillé de vieilles querelles d’héritage scientifique… Et si, pour marquer durablement les esprits, il fallait changer de perspective ? Programmer, le temps d’une journée, un monde privé de froid. Des milliers de vaccins devenus inutilisables, des millions de tonnes de denrées alimentaires perdues, des espaces de vie devenues invivables sous la chaleur, des serveurs informatiques à l’arrêt. En creux, l’absence révélerait l’essentiel. Peut-être alors ce 26 juin cesserait-il d’être une date symbolique de plus, pour devenir une véritable prise de conscience collective.