Le navire Orient Express Corinthian s'affiche comme le plus grand yacht à voile de luxe au monde avec 54 suites exclusives
Denis Edelin présente ensuite le premier projet de réfrigération CO2 actuellement mené aux chantiers, sur le plus grand voilier de croisière du monde : L’Orient Express Corinthian mesure 220 m de long pour 150 passagers et autant d’équipage.
L’installation frigorifique comporte :
- 6 chambres froides positives soit une surface totale de 11 m² et une puissance de 18 kW ;
- 5 chambres froides négatives soit une surface totale de 14 m² et puissance de 22 kW.
La F-Gas ne s’applique pas au secteur maritime, précise Denis Edelin. Cela n’a pas empêché les Chantiers de proposer à l’armateur une solution permettant de réduire l’empreinte carbone de 34 % par rapport aux installations fluorées habituellement utilisées.

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Groupes frigorifiques CO2 Bronzwerk Snori installés sur le navire Orient Express Corinthian.
Une architecture en cascade
L’installation est conçue en cascade, bénéficiant des bonnes performances :
- des chiller Turbocor, qui condensent directement avec l’eau de mer ;
- l’eau glacée produite sert à condenser le CO2 de l’installation frigorifique subcritique.
Des contraintes de classification
Les sociétés de classification ne sont pas alignées sur la distribution CO2 :
- DNV ne l’autorise pas en distribution directe à ce jour.
- Bureau Veritas l’autorise sous conditions.
Ce navire est sans doute l’un des premiers navires de croisière équipé en CO2 détente directe, susceptible de faire évoluer la position des sociétés de classification.
Un dimensionnement haute pression
L’installation doit résister à une élévation de température jusqu’à 50 °C. Au-delà de 31 °C, le fluide est supercritique et sa pression dépend surtout de la masse de fluide dans le volume. L’installation a donc été conçue pour permettre l’expansion du CO2 dans tout le circuit en cas d’élévation anormale de pression.
Le volume de l’installation a été dimensionné pour que la masse volumique du CO2 ne dépasse pas 220 kg/m3, ce qui correspond à 80 bar pour 50 °C.

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Courbe relation pression température du CO2.
Contre le risque de neige carbonique
Un autre défi a été de résoudre le risque de formation de neige carbonique dans le collecteur de soupapes. Le collecteur mesure 80 m, il a donc fallu installer un piège à neige à la sortie des soupapes, et calculer le collecteur pour que la perte de charge soit inférieure à 4 bar, afin que la neige potentielle se forme directement à la sortie des soupapes.
Théoriquement, avec une pression de tarage à 80 bar et une masse volumique de 250 g/L, il n’y a aucun risque de formation de neige en cas d’ouverture des soupapes.

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Vu sur le piège à neige carbonique sur le collecteur de soupapes.
Choix techniques
Réseau en cuivre ferreux. L’installation est composée :
- D’un skid positif ;
- D’un skid négatif ;
- Chacun avec un groupe en fonctionnement + un groupe en secours ;
- Sur chaque groupe, un compresseur sur variateur + un compresseur en tout ou rien ;
- Régulation Danfoss
Pour la prochaine série de navires, les Chantiers de l’Atlantique vont continuer à concevoir des installations CO2, cette fois en version booster transcritique indirect, avec double refroidissement des condenseurs.