En rejoignant le Snefcca au début de l’année, Frédérique Sauer incarne la volonté du syndicat de faire de la formation et de la communication auprès des jeunes ses priorités. Le but : rendre la profession plus visible et susciter des vocations.

Pourquoi avez-vous rejoint le Snefcca. Quelles y sont vos missions ?

Frédérique Sauer : Le conseil d’administration, qui représente principalement les régions Snefcca s’est réuni en novembre 2021 avec pour objectif de définir les priorités du syndicat pour les prochaines années. Le CA a retenu l’attractivité des métiers et la formation comme actions prioritaires. La création d’une mission formation a été décidée dans ce cadre pour accompagner les régions dans leur relation avec les établissements de formation.

Comment travaillez-vous avec les Commissions concernées ?

F. S. : Je fais remonter à la Commission Formation et à la Commission Communication les besoins recensés sur le terrain pour qu’ils puissent mettre en place les actions nécessaires. Nous avons également créé au sein de la Commission Cuisine un groupe de travail pour déterminer les besoins spécifiques de cette activité en matière de formation. Mon action est par ailleurs suivie de près par le Bureau National du Snefcca auquel je fais un point d’étape de mes actions tous les mois.

Dans le cadre de vos missions êtes-vous amené à travailler avec le ministère de L’Éducation nationale ? Ou d’autres ?

F. S. : La mission Formation est plutôt une mission de terrain. Les liens avec le ministère de l’Éducation nationale se font soit au niveau du Président du Snefcca, soit via les Présidents de régions : académies, rectorat, lycées, etc.

À ce stade, quels constats pouvez-vous faire sur les relations entre les centres de formation et le Snefcca ?

F. S. : Les relations sont en majorité établies de longues dates et l’implication du Snefcca est optimale via ses adhérents qui accueillent, accompagnent et transmettent la passion du métier à des jeunes. Les deux années de crise Covid ont néanmoins laissé des traces, et les réunions de région dans les établissements scolaires sont très appréciées en ce début d’année. Certains établissements de qualité restent cependant encore peu connus et nous devons créer des synergies pour les faire connaître auprès des entreprises de la branche pour répondre au mieux aux besoins sur le terrain.

Comment est perçu, selon vous, le Snefcca par les jeunes de la filière ?

F. S. : Le Snefcca joue son rôle de promotion des métiers et est le vecteur principal de communication de nos métiers et des valeurs qu’ils véhiculent.

Cela dit, c’est en premier lieu un syndicat patronal qui représente et défend les entreprises de la Profession.

Le Snefcca est connu auprès des jeunes car il intervient régulièrement dans les écoles mais ce n’est pas sa vocation d’être mis en avant, c’est le métier et la Profession qui doivent rayonner. L’ambition du Snefcca est donc plutôt de faire connaître nos métiers aux jeunes à travers le site et le slogan « Ton avenir en Froid Clim ».

Comment voyez-vous le rôle des Régions et des adhérents par rapport à votre mission ?

F. S. : Nous sommes en France une profession de 30 000 personnes (source enquête de branche) ce qui, en somme, reste assez confidentiel. Tous ceux qui travaillent dans notre branche doivent donc se mobiliser pour parler de nos métiers, accueillir des jeunes en stage dès la troisième… Le rôle des régions est primordial, car c’est sur le terrain que se nouent les relations entre les entreprises et les établissements de formation. D’ailleurs, le réseau des anciens élèves - adhérents Snefcca ou non - est souvent très actif autour d’un établissement.

Globalement, quelle est la priorité des priorités ?

F. S. : Notre priorité est d’améliorer la notoriété de nos métiers afin d’attirer plus de jeunes vers les établissements de formation à nos métiers. Pour cela, la Commission Communication a lancé la campagne « Imagine un monde sans froid » sur les réseaux sociaux. Une fois que ces jeunes sont dans les formations, notre priorité est qu’ils aient envie d’y rester et rejoignent nos entreprises, et pour cela, les professionnels doivent continuer à dialoguer avec les enseignants, être impliqués dans les jurys, et accueillir les jeunes en stage ou en apprentissage.

De nombreux jeunes ne trouvent pas de contrat d’apprentissage dans la profession avec le risque qu’ils s’en écartent. Comment y remédier, sachant que le Snefcca a déjà appelé à la mobilisation ?

F. S. : Une de mes priorités est de faciliter le lien entre les jeunes et les entreprises afin qu’aucun de ces jeunes ne reste sur le carreau. Nous avons déjà aidé quelques jeunes à refaire leurs CV et à trouver des entreprises. Aujourd’hui, les enseignants des établissements disposent généralement d’un carnet d’adresses qui leur permet de contacter directement les entreprises, mais il suffit d’un changement de personne ou que le jeune veuille faire son stage dans une autre région, pour que la situation devienne plus critique.

L’Allemagne est souvent cité en exemple par rapport au lien entreprises et les établissements de formation. Cherchez-vous à vous en inspirer ?

F. S. : La situation en Allemagne est complètement différente de celle de la France, sur deux aspects fondamentaux : la formation professionnelle y est valorisée auprès des jeunes au même niveau que la formation universitaire d’une part, et d’autre part, la formation professionnelle est gérée par les branches professionnelles. Cela dit, nos collègues allemands se plaignent également d’avoir des difficultés à recruter, puisqu’ils contactent même les établissements de formation frontaliers.

Beaucoup de professions connexes aux métiers du froid sont en recherche de candidats, en grand nombre. Et parfois avec d’importants moyens. Comment le Snefcca peut-il se distinguer ?

F. S. : Dans cette quête de candidats pour les métiers techniques, nous sommes tous dans la même situation et donc nous bénéficierons tous d’une valorisation générale des métiers professionnels. Les métiers du froid, de la cuisine professionnelle et du conditionnement d’air se distinguent toutefois par une palette de compétences et une technicité qui en font des métiers indispensables, stimulants intellectuellement, bien rémunérés, permettant des parcours de carrières évolutifs et sur mesure.

Les missions de Frédérique Sauer

- Renforcer le lien avec les établissements de formation partenaires du Snefcca de longue date : recenser les besoins auprès des entreprises et des établissements partenaires pour y répondre concrètement.

- Recenser les centres de formation existants, évaluer avec les professionnels locaux la qualité de l’enseignement (contenus, équipements pédagogiques, formateurs, volonté de travailler avec la profession) et le cas échéant leur proposer un partenariat.

- Ne laisser aucun jeune qui voudrait rejoindre nos métiers sans établissements de formation ni entreprise d’accueil.

- Faire la promotion des métiers du froid, équipements de cuisine professionnelle et conditionnement de l’air dans les forums des métiers.

- Faire rayonner nos métiers via les concours dédiés comme les Meilleurs Apprentis de France et les Olympiades des Métiers avec Worldskills France.

- Accompagner les actions de la Commission Formation pour une meilleure visibilité et une cohérence des formations proposées pour intégrer nos métiers.

- Faire un point des formations et titres existants en lien avec la profession, étudier avec les professionnels quelles sont les compétences attendues au niveau technique dans les entreprises afin de mettre en place les titres ou complément de formation manquants éventuels avec les instances du Snefcca concernées.

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