FLUIDES À TRÈS FAIBLES GWP L’évolution climatique actuelle est telle que toutes les solutions doivent être envisagées afin de réduire l’impact sur le climat et le réchauffement planétaire comme le rappelle le GIEC*

Réduire les émissions en t. éq. CO2 de gaz fluorés doit fortement encourager l’utilisation des fluides à très faible GWP dans les applications où ces gaz à effet de serre sont utilisés (Réfrigération, Isolation, Agents d’extinction,…). La réglementation F-Gaz privilégie cette piste pour atteindre les objectifs climatiques et énergétiques fixés par la commission européenne d’ici 2030. La proposition de révision publiée dernièrement vise même à accélérer le « phase down ». A l’échelle internationale, l’amendement de Kigali définit lui aussi un calendrier selon les territoires pour substituer les fluides à fort GWP à l’horizon 2050. Toutes ces mesures ont un seul objectif : préserver l’écosystème. 
Plus précisément dans le secteur HVACR** en Europe, il est recommandé de choisir un fluide frigorigène avec un GWP < à 150 au regard des évolutions à venir (quotas, interdictions) en prenant en compte plusieurs paramètres : la durabilité, la technologie long terme, le coût énergétique, l’empreinte carbone globale du cycle de vie de la machine. Sélectionner un fluide en fonction de son GWP est insuffisant, il est primordial de l’appréhender sous l’angle du concept « de l’efficacité énergétique d’abord ».***

Le principe de « l’Efficacité Énergétique D’Abord »


Il signifie qu’il faut prendre en compte, avant tout, les mesures permettant d’économiser l’énergie au moindre coût, lorsqu’on définit les politiques sur l’énergie et lorsqu’on prend des décisions d’investissement. Cela doit être poursuivi en évaluant de manière appropriée les solutions maximisant l’efficacité énergétique à l’aide d’analyses d’impact coûts/bénéfices pertinentes et adaptées aux différents contextes et secteurs industriels. Le principe de base de « l’Efficacité Énergétique D’Abord » est que « la meilleure énergie c’est celle qui ne doit pas être produite parce qu’on n’en a pas besoin ». Développer l’efficacité énergétique est donc une priorité pour l’ensemble des industries.

Comment prendre en compte ce principe pour une installation frigorifique ?


Par exemple, depuis le 1er janvier 2022, les systèmes de réfrigération centralisés multipostes à usage commercial ≥ à 40 kW doivent utiliser un fluide avec un GWP < à 150. Plusieurs options technologiques sont possibles pour la production de froid et le fluide frigorigène. Pour choisir en toute connaissance, Climalife dispose d’un outil de calcul d’éco-efficacité qui évalue l’impact global financier (Capex et Opex) et environnemental (Tewi) des technologies sélectionnées. Il prend en compte de nombreux indicateurs : le GWP, le taux d’émission de CO2 direct et indirect du système, le coût d’investissement et de maintenance sans occulter les prix de l’électricité, du fluide, etc. Il est basé sur les données réelles des constructeurs et validé par l’institut Cemafroid. Le modèle d’éco-efficacité analyse l’ensemble des impacts et propose un comparatif entre les architectures afin de déterminer laquelle sera la plus éco-efficace.

En résumé


Il convient d’aborder la question du choix du fluide frigorigène sous cet angle, ce qui suppose de prendre en compte les mesures permettant d’économiser l’énergie au moindre coût, en évaluant de manière appropriée les solutions maximisant l’efficacité énergétique à l’aide d’analyses d’impact coûts/bénéfices. Le fluide au plus faible GWP n’étant pas systématiquement le plus éco-efficace. 
La situation géopolitique, économique et environnementale laisse penser que le prix de l’énergie ne va cesser d’augmenter. Et la disponibilité des matières premières reste tendue, de nouvelles restrictions réglementaires (quotas, interdictions, …) sont en pourparlers, il est important de considérer cette approche dans les décisions d’investissement. Performance énergétique et gains financiers peuvent aller de pair et ne pas être négligeables. Concilier la plus faible consommation électrique, la meilleure production frigorifique avec un coût de possession le plus bas deviendra la règle de base dans les années à venir.
Le modèle d’éco-efficacité est disponible pour le secteur de la GMS. D’autres modules sont en cours de développement : réfrigération industrielle, récupération de chaleur, … Des personnes dédiées chez Climalife modélisent sur demande l’éco-efficacité. 
 

* Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat

** Chauffage, Ventilation, Climatisation, Réfrigération

*** Sources: EPEE, Annexe à la Recommandation de la Commission sur «l’Efficacité Énergétique D’Abord» : Des principes à la pratique. Lignes directrices et exemples pour sa mise en œuvre dans la prise de décision dans le secteur de l’énergie et au-delà.

 

Repères

L’approche éco-efficacité  in situ

• En Catalogne, la chaîne de supermarché Sorli a installé un système de froid positif (29,3 kW) avec du R-455A équipé d’un groupe de condensation avec des compresseurs scroll Emerson A2L. Pour ce supermarché de 1200 m², c’est 13 % en moins d’émissions sur le cycle de vie comparé à un système transcritique CO2 avec un coût total de possession 16 % plus faible. 
• Toujours en Espagne, le calcul a été réalisé pour l’entrepôt de fruits de mer et centre logistique Olano d’une surface de 4 000 m². Le site est réfrigéré par une installation à détente directe de 280 kW. En comparaison avec un système transcritique au CO2, le R-455A permet un gain de 17 % sur les émissions sur la durée de vie de l’installation. Une optimisation qui s’accompagne d’une réduction du coût total de possession de 19 %.
• Une autre étude de performance réalisée en France sur un site de stockage de 15 00 tonnes de pommes démontre que le changement de solution de l’ammoniac vers le R-1234ze a généré des économies d’énergie de 25 %, soit l’équivalent d’un gain de 2 millions d’euros sur le cycle de vie. (En savoir plus : https://climalife.dehon.fr/optimiser-production-froid-efficient-durable-responsable).