Jérémy Thévenet © La Rpf / LP
Jérémy Thévenet
Âgé de 34 ans, Jéméry Thévenet, enseignant au centre Eurespace de Cholet, a rejoint depuis peu l’organisation de l’épreuve de réfrigération technique de Worldskills 2024 prévue à Lyon en septembre. Rencontre avec un passionné qui aspire transmettre l’amour du Froid.

 
 
 

 

Quelle formation avez-vous ?

Je suis issu de parents agriculteurs et je ne souhaitais pas suivre la profession familiale. Je me suis vite tourné vers une voie professionnelle même si j’avais un bon niveau scolaire. Le manuel n’était pas un problème, la plomberie est arrivée à moi. J’ai intégré un CAP installateur thermique puis ne trouvant pas d’entreprise pour poursuivre dans le chauffage, il m’a été proposé le froid qui recrutait déjà à l’époque. Et donc j’ai poursuivi par un BP monteur dépanneur froid et climatisation et un BTS fluides, énergies, environnements option Génie Frigorifique. Un cursus intégralement en apprentissage. J’ai apprécié ce métier et j’ai décidé d’y rester, d’où ma poursuite en BTS. Après quelques années de « terrain », j’ai intégré la Chambre de commerce et d’industrie au campus Eurespace de Cholet comme formateur en janvier 2015. J’ai ensuite repris mes études en 2018 pour intégrer l’Iffi sur le campus basé à Cholet.

Quelles valeurs se dégagent de la formation pour vous ?

La transmission est importante. Avant d’être enseignant j’étais encadrant sportif en club. J’apprécie le côté « métier » et le passage de savoirs. Enseigner notre savoir, c’est encourager l’amour de notre passion. Je me vois évoluer en tant qu’enseignant pendant un moment, et pourquoi pas sur d’autres sujets que le Froid ou bien de manières différentes. Lorsque j’ai encadré des jeunes frigoristes dans le cadre des concours Meilleurs Apprentis de France, la question de la formation était aussi présente. Je ne vois pas de limite dans la transmission.

Qu’est-ce qui pourrait permettre de résoudre le déficit de jeunes recrues dans les filières du Froid ?

Il faut communiquer et rendre visible la profession. Je compare souvent le métier de frigoriste à un technicien au théâtre, bien qu’il ne soit pas dans la lumière, sans lui il n’y a pas de spectacle. Nous sommes invisibles mais essentiels. De nos jours, on peut espérer que l’image du BAC professionnel, renommé en Métiers du Froid et des Énergies Renouvelables, soit plus parlante pour les futurs élèves et leurs parents. Les « énergies renouvelables » englobent des nombreux sujets mais permettent de s’inscrire dans l’air du temps, et ainsi rendre plus visible notre diplôme.

« On peut espérer que l’image du BAC professionnel, renommé en Métiers du Froid et des Énergies Renouvelables, soit plus parlante pour les futurs élèves et leurs parents. »

Depuis peu vous avez intégré le comité de préparation Wolrdskills Lyon 2024, quel est l’intitulé de votre poste et vos missions ?

Je suis « workshop manager » (chef d’atelier) pour l’épreuve de réfrigération technique durant la compétition internationale Worldskills Lyon 2024. Je suis chargé de récolter matériels et outillages en vue de l’épreuve puis responsable de la mise en place et de l’approvisionnement avant et pendant l’événement. Concrètement je vais établir des partenariats avec des constructeurs et fournisseurs de composants frigorifiques pour répondre l’ensemble des besoins avec une mise en avant de leur marque lors de la compétition. Cette intégration est le fruit d’une longue collaboration durant les différentes épreuves Worldksills et MAF qui ont eu lieu au sein du centre Eurespace, comme formateur et accompagnateur. J’ai été juré et coach au niveau régional pour l’épreuve Worldskills puis responsable concours régional pour la réfrigération technique et juré national représentant les Pays de la Loire. La CCI a accueilli en janvier 2021 la phase 1 de la finale nationale WorldSkills de la 46e édition et lors de cet événement j’ai effectué une partie de ces missions (mise en place, réception du matériel…) et la CCI étant « centre d’excellence » depuis trois ans j’ai été amené à côtoyer l’équipe de France, qui a fait appel à moi lorsqu’il a fallu recruter un workshop manager.

On peut sentir un effort français pour l’épreuve de réfrigération technique, c’est une volonté ?

L’équipe a changé il y a trois ans et ne veut pas travailler seule. Il y a donc eu des recrutements pour créer un groupe avec une bonne dynamique. Cela s’inscrit en même temps que la volonté de la profession de faire plus parler d’elle ! L’équipe actuelle essaye d’être dynamique et force de proposition.

Quel regard avez-vous sur ces jeunes qui participent aux compétitions professionnelles ?

La participation des jeunes est très encourageante pour la suite. On a peut-être du mal à recruter mais on a déjà des personnes impliquées qui excellent déjà à un haut niveau. En tant que formateur, accompagner un participant c’est pouvoir transmettre énormément en peu de temps, c’est enrichissant. Tout le monde grandit en participant.